Y a deux jours, recommandée dans la boite. Putain. Illico, tu penses à un euphémisme : créancier pas payé. Sauf que.
Sauf que sur le légendaire bordereau jaune, la case cochée indique "colis". J'évacue rapidement l'idée que les créanciers aient pu passer à un mode opératoire plus radical, genre bombe piégée. En général, ils ne tuent la poule aux oeufs d'or, ils préfèrent facturer au prorata de ton silence.
Donc, poste.
Effectivement, grosse enveloppe molletonnée.
Je procède mentalement par élimination : j'ai rien commandé et j'ai rien commandé, qui m'en veut ? je veux dire qui m'en veut au point d'envoyer un truc ? Chais pas.
Donc, qui me veut du bien pour m'envoyer un cadeau ? Ouverture fébrile du paquet.
S'y trouvent, deux petits cadres enfermant deux photos. Un cliché avec ma pomme, pris dans un endroit et des circonstances que la morale réprouve, et l'autre.
L'autre. C'était un after à la rue consolat, du temps de. Du temps de nous tous. 4 mini photos, tonio, nok, toi et moi, chacun mimant la grimace qu'il maîtrise le mieux.
Alors, voilà, rue Colbert au sortir de la poste, avril 2011, je me souviens de ce petit jardin, de l'appart, de nous, de nos états d'ébriété, ivres de vie.
vendredi 22 avril 2011
jeudi 31 mars 2011
samedi 26 février 2011
S(ame) O(ld) S(hit)
Je m'en rends bien compte : février 2011. Il y a des deuils où le temps est sans effet.
lundi 3 janvier 2011
Timestretched
Me reviennent à l'écoute de ce morceau, des après-midis et quelques afters bon poids, en compagnie de quelques franches et solides connaissances de longue date (toujours en vie).
Je ne peux même pas les faire chanter tellement leur réputation, à l'instar de la mienne, les devance.
Ouvre les esgourdes et attends l'été qui revient, oh oui, qui revient.
Je ne peux même pas les faire chanter tellement leur réputation, à l'instar de la mienne, les devance.
Ouvre les esgourdes et attends l'été qui revient, oh oui, qui revient.
mercredi 1 décembre 2010
Cinque (prononcez tchincoué)
Parce que tu parlais italien aussi. En plus du reste. Des mains, du regard, des silences. Dans chaque instant, des mots. Dans chaque interstice, des lettres. Il fallait parfois des semaines, des mois, des années pour reconstituer un message, parfois une fraction de seconde.
Il y avait un truc surtout, que je comprends mieux aujourd'hui : c'est d'avoir pris volontairement le parti de la frivolité. Peut-être parce que tu croyais en la vie et non en l'homme. De l'homme, peut-être, tu n'attendais rien.
Peut-être ne croyais-tu même pas à ce que tu avais mis en place : tu te montrais dynamique, conquérant et pourtant tu ne croyais ni à l'entreprise ni aux effets consolateurs de la réussite.
Tu tenais pour réel le froid de la tombe, déjà.
Tu tenais pour réels les manques, les absences, les folies, réel, le temps passé à transformer tout ça, réelle la pathétique machinerie de la vie.
Tu étais un homme sans illusion sur le passage du temps et tu avais le panache d'être authentiquement gai.
Un homme comme un autre croise des gens comme les autres, rien ne les distingue de l'humanité passée ou à venir. Et cela n'aurait aucune importance si tu n'avais pas été, ce que je tiens pour cent fois supérieur à l'homme heureux, un homme joyeux.
Il y avait un truc surtout, que je comprends mieux aujourd'hui : c'est d'avoir pris volontairement le parti de la frivolité. Peut-être parce que tu croyais en la vie et non en l'homme. De l'homme, peut-être, tu n'attendais rien.
Peut-être ne croyais-tu même pas à ce que tu avais mis en place : tu te montrais dynamique, conquérant et pourtant tu ne croyais ni à l'entreprise ni aux effets consolateurs de la réussite.
Tu tenais pour réel le froid de la tombe, déjà.
Tu tenais pour réels les manques, les absences, les folies, réel, le temps passé à transformer tout ça, réelle la pathétique machinerie de la vie.
Tu étais un homme sans illusion sur le passage du temps et tu avais le panache d'être authentiquement gai.
Un homme comme un autre croise des gens comme les autres, rien ne les distingue de l'humanité passée ou à venir. Et cela n'aurait aucune importance si tu n'avais pas été, ce que je tiens pour cent fois supérieur à l'homme heureux, un homme joyeux.
jeudi 30 septembre 2010
dimanche 26 septembre 2010
Automne
Le monde s'est écroulé pour moi, il y a quelques années.
Je tue le temps dans une classe, à la maison ou sur cette magnifique agora, ruisselante d'intelligence...
En attendant que ce soit lui qui me tue.
Vive toi.
Je tue le temps dans une classe, à la maison ou sur cette magnifique agora, ruisselante d'intelligence...
En attendant que ce soit lui qui me tue.
Vive toi.
lundi 26 juillet 2010
Bison fûté
Fais la route avec Flo de Marseille à Lyon, avec une sélection bien choisie. Tu nous as accompagnée tout le long, on a retrouvé plein de trucs, des morceaux pas possibles et des souvenirs encore plus fous.
Celui-là pour le plus facile :
http://www.youtube.com/watch?v=vo782Jjx3hU
Celui-là pour le plus facile :
http://www.youtube.com/watch?v=vo782Jjx3hU
samedi 10 juillet 2010
SUMMER 2010
Je ne sais pas pourquoi ni comment, mais en cet été 2010, déchaînée. Le mot est parfaitement exact. Je retrouve, peut-être est-ce puérile, mais je m'en contrefous, la presque insouciance d'une époque, la recherche avide de transes musicales, dansantes, pour que le corps exulte, que la tête se vide, pas pour être vide, pour faire soupape.
Tu me manques toujours. On fait avec mais surtout sans.
A bientôt.
Tu me manques toujours. On fait avec mais surtout sans.
A bientôt.
vendredi 25 juin 2010
Dense
J'ai dansé 5 heures d'affilée avec l'énergie d'une déchaînée qui n'aurait pu être calmée que par l'anéantissement de tout. Autant te dire que j'ai dansé comme une reine, définitivement insatisfaite.
Chouette, je vais pouvoir remettre ça le week end prochain, et le week end prochain, et le week end prochain...
Dans ces pas de transes musicales, les tiens.
Chouette, je vais pouvoir remettre ça le week end prochain, et le week end prochain, et le week end prochain...
Dans ces pas de transes musicales, les tiens.
samedi 29 mai 2010
Arakiri, le mois de Marie
Y a des trucs sur le plan de la dévastation qui laissent peu de place. Quand ça arrive, comme en ce moment, j’essais de temporiser (Carrefour dit positiver).
Il faut avoir les épaules comme une armoire normande et les couilles comme des balles de tennis, pour voir, pour vivre, ce à quoi le pire de ton imagination ne t’a jamais préparé. A cet instant, j’ai du sable dans les yeux et ce n’est plus une sensation de frottement, c’est l’équivalent de milliers de micro lames de cutter qui te lacèrent la rétine, oeil ouvert ou oeil fermé.
J’ai de la terre dans la bouche.
Tout est plus insoutenable et léger à la fois. Insoutenable parce que je suis plus vieille et plus fatiguée, plus légère parce qu’à force d’être fatiguée j’ai plus la force d’être en colère.
Mais quand c’est dur, quand c’est vraiment dur, comme en ce moment, je repense juste au moment où on m’a dit que tu n’étais plus là et aux longues années pour tenter, tant bien que mal, d’intégrer cette donnée, et je me dis que tout ne va pas si mal.
A moins que j’ai raté un épisode.
Il faut avoir les épaules comme une armoire normande et les couilles comme des balles de tennis, pour voir, pour vivre, ce à quoi le pire de ton imagination ne t’a jamais préparé. A cet instant, j’ai du sable dans les yeux et ce n’est plus une sensation de frottement, c’est l’équivalent de milliers de micro lames de cutter qui te lacèrent la rétine, oeil ouvert ou oeil fermé.
J’ai de la terre dans la bouche.
Tout est plus insoutenable et léger à la fois. Insoutenable parce que je suis plus vieille et plus fatiguée, plus légère parce qu’à force d’être fatiguée j’ai plus la force d’être en colère.
Mais quand c’est dur, quand c’est vraiment dur, comme en ce moment, je repense juste au moment où on m’a dit que tu n’étais plus là et aux longues années pour tenter, tant bien que mal, d’intégrer cette donnée, et je me dis que tout ne va pas si mal.
A moins que j’ai raté un épisode.
vendredi 21 mai 2010
Il n'est jamais trop tôt pour Grooverider
J'écoute ça et invariablement : dans ma tête soudain, carrefour encombré de souvenirs avec toi, images, sensations, émotions, visages, bon dieu, tellement d'autres choses, j'ai autant de souvenirs que si j'avais mille ans.
Tic-tac
Tic-tac
mercredi 5 mai 2010
mardi 30 mars 2010
Sur le fil
mercredi 17 février 2010
Févriembre
Févriembre donc, un néologisme presque suisse. Pourquoi ? parce qu’il est au milieu, neutre. Février qui nous rappelle qu’il fait froid mais que les jours rallongent. Décembre qui nous rappelle, au cas où on l’aurait oublié qu’ils fait définitivement froid et que les jours raccourcissent. On les rassemble, et pour le prix d’un mot tu gagnes un néologisme et un compromis. Une trêve du temps. C’est moi qui remonte mes couvertures le matin. Avant c’était toi déguisé en batman blanc. Je crois qu’on tient un concept, reviens on va faire un film.
Un nouveau je veux dire, une ressurection à la bretonne histoire de clouer le bec à Mel Gibson.
Suisse donc. Février / décembre / février / décembre, t’entends l’horlogerie suisse : tic tac tic tac tic tac.
Alex m’a montré un disque que tu avais anoté. J’y ai retrouvé ton écriture si particulière, tes insignes kabbalystiques tour à tour louanges ou critiques féroces, bref tes ordinaires hiéroglyphes barbouillés sur le post-it, lui-même collé à l’intérieur du CD de Green Velvet.
Ah tiens, j’ai redécouvert ça : cadeau de retrouvailles inévitables parfumées au sapin :
Saul Williams - List of demands
envoyé par didjie. - Clip, interview et concert.
Pour manquer, ça, tu manques.
Un nouveau je veux dire, une ressurection à la bretonne histoire de clouer le bec à Mel Gibson.
Suisse donc. Février / décembre / février / décembre, t’entends l’horlogerie suisse : tic tac tic tac tic tac.
Alex m’a montré un disque que tu avais anoté. J’y ai retrouvé ton écriture si particulière, tes insignes kabbalystiques tour à tour louanges ou critiques féroces, bref tes ordinaires hiéroglyphes barbouillés sur le post-it, lui-même collé à l’intérieur du CD de Green Velvet.
Ah tiens, j’ai redécouvert ça : cadeau de retrouvailles inévitables parfumées au sapin :
Saul Williams - List of demands
envoyé par didjie. - Clip, interview et concert.
Pour manquer, ça, tu manques.
vendredi 15 janvier 2010
Appels illimités
ça a été un peu rapide le jour J. Avec une accélération (ça s'écrit comme ça ?) à l'instant T. J'essaie de créer une ambiance Hubert Reeves (pour les passionnés : www.hubertreeves.info/), mais en me frottant aux maths, il ne reste que des lettres : J et T. Christine Ockrent est dans les starting blocks : elle croit qu'il s'agit d'elle. Elle se dit chouette un scoop. T'as pas révisé ta copie Christine, c'est un confrère comme vous dites dans le jargon. Je t'arrête : c'est un ovni. Si "Free your mind and your ass will follow" ne t'évoque que des cours d'anglais, c'est que tu n'as pas connu la sueur, la douceur, la rondeur, le tortillon de l'hypnotique, les chairs de poule tendues vers les basses comme des tournesols qui cherchent le soleil, mais la nuit.
Laissons tomber christine, elle ne pourra rien pour toi, pour nous, mais toi, de là-haut tu peux pas nous envoyer... nous envoyer des vacances, du temps pour s'arrêter pour regarder le temps. Bon et puis de l'argent parce qui faut pas déconner. On organiserait des soirées pour fêter le temps qui nous reste. Y a que moi pour trouver ça tonique et positif. Les autres croient que je prends du Xanax en regardant le JT. Alors que je regarde ta photo, je jardine, j'étudie, je travaille, j'aime, puis je déprime mais vraiment un chouia. Je disais à Seb que se souvenir de toi était doux et rugueux, pardonne moi pour cette banalité, mais je n'en ai pas trouvé de plus juste (c'est pas beau de vieillir). Où es-tu, en terme de réception, j'ai pas de réseau. T'es sous un tunnel ou quoi ?
Laissons tomber christine, elle ne pourra rien pour toi, pour nous, mais toi, de là-haut tu peux pas nous envoyer... nous envoyer des vacances, du temps pour s'arrêter pour regarder le temps. Bon et puis de l'argent parce qui faut pas déconner. On organiserait des soirées pour fêter le temps qui nous reste. Y a que moi pour trouver ça tonique et positif. Les autres croient que je prends du Xanax en regardant le JT. Alors que je regarde ta photo, je jardine, j'étudie, je travaille, j'aime, puis je déprime mais vraiment un chouia. Je disais à Seb que se souvenir de toi était doux et rugueux, pardonne moi pour cette banalité, mais je n'en ai pas trouvé de plus juste (c'est pas beau de vieillir). Où es-tu, en terme de réception, j'ai pas de réseau. T'es sous un tunnel ou quoi ?
mardi 1 décembre 2009
samedi 31 octobre 2009
ben, rien.
C’est fou comme c’est les choses. Je déboule et je flique les mots qui arrivent. C’est à cause des souvenirs. C’est pas qu’ils se font rares, c’est qu’au lieu de dessiner des crêtes bien aiguisées, avec des gammes de couleurs follement incomptables, ils se teintent d’un flou poussivement artistiques. Le fantôme DavidHamiltonien s’immisce alors qu’on lui a rien demandé. C’est la première fois que je plante ta photo à côté pour pouvoir te parler. Les absents ont toujours tort. T’as du bol, tu t’en sors bien, puisque présent tu l’es toujours. Hamilton a beau frigorifier ses reflex (après tout c’est lui qui les paye), c’est vrai que c’est flou : je te regarde, j’essaie de t’apercevoir, mais exit Hamilton, renvoyé, obsolète, pas de petite culotte, pas de seins à deviner sous des cascades de boucles de cheveux. Ce flou-là est tranchant, aiguisé justement. Un paradoxe réservé à ceux qui se souviennent, note que je n’ai pas dit privilège, juste paradoxe, réservé, j’insiste, à ceux qui vivent avec, qui vivent sans. Tu me diras, tu fais une belle économie : les antirides coûtent la peau du cul. Plus serein, ouais, un peu, par la force des choses : un dos de 98 ans alors que t’en as 40. Le pire c’est ça : le pire c’est d’être plus prudent. Comme s’il y avait, non mais écoute moi ça, comme s’il y avait quelque chose à préserver. Dis-moi quoi, j’ai raté des épisodes.
Je roule des mécaniques mais t’as raté un truc : l’œuvre du temps. Formidable ! Il en sort de bonnes choses, mais si VRAIMENT tu veux te faire une idée, tu penses à une émission comme Histoire naturelles produite par Chef d’œuvres en péril commentée par Voisin Voisine. Grosso modo on est là. Je te dis ça pour que tu ne regrettes rien. Mais il reste encore des choses à vivre ici : je nettoie la pierre tombale, je la frotte avec une petite brosse et je rince avec l’arrosoir. J’ai apporté deux pots de plantes grasses, le genre fidèle, elles tiendront quoi qu’il arrive. On dit dans les hautes sphères (j'ai le bras long) que Dieu me le rendra. Comme disait PD, si t'as d'l'étoffe et le bras long, tu coupes les manches et ça te fait un petit boléro.
ça fait longtemps que t’es plus venu remonter mes couvertures au petit matin. Pas grave, j’ai encore le souvenir bien net d’un dance-floor en Camargue, putain de moustiques. Et de ce souvenir, j’en fais une boucle à la Herbert. Point barre.
Je roule des mécaniques mais t’as raté un truc : l’œuvre du temps. Formidable ! Il en sort de bonnes choses, mais si VRAIMENT tu veux te faire une idée, tu penses à une émission comme Histoire naturelles produite par Chef d’œuvres en péril commentée par Voisin Voisine. Grosso modo on est là. Je te dis ça pour que tu ne regrettes rien. Mais il reste encore des choses à vivre ici : je nettoie la pierre tombale, je la frotte avec une petite brosse et je rince avec l’arrosoir. J’ai apporté deux pots de plantes grasses, le genre fidèle, elles tiendront quoi qu’il arrive. On dit dans les hautes sphères (j'ai le bras long) que Dieu me le rendra. Comme disait PD, si t'as d'l'étoffe et le bras long, tu coupes les manches et ça te fait un petit boléro.
ça fait longtemps que t’es plus venu remonter mes couvertures au petit matin. Pas grave, j’ai encore le souvenir bien net d’un dance-floor en Camargue, putain de moustiques. Et de ce souvenir, j’en fais une boucle à la Herbert. Point barre.
mercredi 30 septembre 2009
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